Le 16 Décembre
Je m'appelle Léna et j'ai 15 ans. Je commence ce journal car je viens d'apprendre que je suis malade. Comment pouvoir encore avancer en sachant cela ? Pouvez-vous me le dire, car moi je ne sais pas ! Mes parents sont effondrés. Ce qui est normal vu que je ne suis que leur unique fille. Comment ont-ils réagit face à cette nouvelle, je ne sais pas ! Ils ne me montrent aucun signe. S'ils pleurent cela doit être quand je ne suis pas là. Et vu le caractère de mon père il ne craquera jamais devant ma mère ni devant moi.
Comment des parents peuvent vivre en sachant que leur fille de 15 ans va mourir avant eux ? Je ne sais pas ! Je ne peux pas me mettre à leur place. Je ne pourrais jamais puisque je ne vais pas vivre assez longtemps pour être une maman.
Et comment vais-je le dire à ceux qui m'entourent ? A mes proches, à mes amis.
Oui, c'est surtout à eux que je pense : mes Amis.
Nous qui nous connaissons depuis le jardin d'enfance ou depuis déjà quatre ans, nous qui avons fait toutes les conneries de gamins, nous qui rêvons d'aller au lycée ensemble, de faire les quatre cents coups et de faire ce que tous les jeunes veulent faire.
Mais moi, je ne sais même pas si je vais finir le collège. Pour le savoir il faudrait qu'un miracle se passe. Vu la tronche que le Dr Martin a fait lorsqu'il me la dit, je ne pense pas qu'il va en y avoir un.
Je n'arrive pas à le croire ! Je suis qu'une ado, je n'ai que 15 ans. Je ne fume pas, ne bois pas. Alors qu'est ce que j'ai bien pu faire au bon-Dieu pour mériter ça ! (désolée, je blasphème)
Mais je n'arrive pas à y croire. Et ma mère, ma pauvre petite Maman qui pense que c'est de sa faute. Mon père c'est la même chose. Mais ce n'est pas leur faute. Ce n'est pas eux qui m'ont fichu ce truc dans le crâne, ce n'est pas eux !!!
Mais on ne peut pas leur en vouloir de croire ça. Ce ne sont que des parents qui veulent protéger leur enfant et que lorsqu'il lui arrive quelque chose, pense dés aussitôt que c'est de leur faut.
Je me rappelle quand, vendredi, le Dr Martin m'a annoncé le résultat de mes analyses. Oui, il faisait beau pour un jour de Décembre. J'avais passé la journée au collège avec tous les autres mais mon esprit était ailleurs. Je savais que j'allais enfin savoir pourquoi j'avais aussi mal à la tête et que j'avais tout le temps des vertiges.
Ma mère est venue me prendre, en me souvenant bien je dirais qu'elle venait de pleurer. Elle savait déjà !
Donc on est arrivé, déjà j'avais un mauvais pressentiment, mais de là à penser que j'étais malade. Non je ne pensais pas ! Je pensais juste avoir du diabète ou autre chose qui pouvait me provoquer ces malaises.
On est entré, il nous a dit de nous asseoir et là, il a eu l'air grave. Je me suis retournée vers ma mère, mais elle est restée impassible. Il a commencé à dire :
« Léna, tout d'abord, il faut que vous sachiez que ce que je vais vous dire est important » .
Là il s'est arrêté, comme s'il cherché ses mots pour ne pas trop me brusquer. Mais tout ce que je me souviens c'est, quand il m'a annoncé que j'étais malade, tout c'est arrêté. Figé dans le temps. Je sais que je n'ai pas écouté ce qu'il disait après. Oh que j'aurais dû !
Oui car j'ai redemandé à mes parents pendant le repas de me redire ce que le médecin m'avait dit. Et croyais moi j'aurais dû l'écouter car j'ai vue que c'était dur pour eux. Mes chers parents ! Je suis vraiment désolée de vous infliger tout cela et je m'en veux terriblement.
Je les aime, je les aime mais les voir ainsi, c'est trop dur.
Et les autres ! Je vais devoir leur dire demain. Comment ils vont réagir ? Ma petite Camille ? Greg ? Et les autres ? Et James ! Oui, lui comment va t-il réagir, Mais je vais savoir tout cela demain. Papa et Maman vont le dire à la famille le week-end prochain.
Dites moi que tout cela est un terrible et long cauchemar.
Que je vais me réveiller, en bonne santé et que, surtout, je vais vivre encore longtemps.
Oui ! C'est ça: V. I. V. R . E.